Tout comprendre aux niveaux de gravité 1 à 5
Learn Chrissy KiddLa question n’est pas de savoir si, mais quand un incident va se produire. Les systèmes subissent des interruptions. Les logiciels rencontrent des erreurs. Les fournisseurs ont des problèmes de leur côté. Votre mission : vous préparer à ces problèmes. Et dans cette mission, les niveaux de gravité peuvent être de précieux outils.
Les incidents peuvent exercer un impact variable sur votre entreprise et vos clients. Les niveaux de gravité vous permettent de classer l’impact d’un incident et de gérer votre réponse. Lorsque vous utilisez correctement les niveaux de gravité...
- Vos équipes réagissent plus rapidement.
- Votre organisation améliore son temps moyen de réparation (MTTR).
- Les parties prenantes comprennent mieux comment les problèmes affectent les clients.
Dans cet article, nous allons voir ce que sont les niveaux de gravité, comment les utiliser et en quoi ils se distinguent des niveaux de priorité.
Que sont les niveaux de gravité ?
Outils essentiels de la pratique de gestion des incidents, les niveaux de gravité mesurent l’impact d’un événement sur votre activité. Que l’incident soit interne (défaillance d’équipement ou logicielle) ou externe (faille de sécurité, problème chez un fournisseur), il produit un effet spécifique sur votre capacité à servir vos clients. Le niveau de gravité est le reflet de cet impact.
(Gérez les incidents de sécurité plus efficacement grâce à ces fonctionnalités SIEM.)
Selon le type d’entreprise, les niveaux de gravité sont généralement au nombre de trois, quatre ou cinq. Le niveau 1, ou SEV 1, correspond au niveau le plus grave. Les niveaux des chiffres les plus élevés (3, 4 ou 5) représentent les niveaux les moins graves.
Il n’existe pas de définition universelle des niveaux de sécurité. La façon dont vous les définissez dépend des priorités de votre entreprise et de vos utilisateurs. Dans certaines entreprises, trois niveaux suffisent. Dans d’autres, il peut être préférable de répartir les incidents en cinq niveaux. On peut définir ces cinq niveaux comme suit :
Pourquoi utiliser les niveaux de gravité pour classer les incidents ?
Lorsqu’un incident se produit, vos équipes ont besoin de savoir :
- qui est responsable de prendre en charge le problème,
- comment les membres de l’équipe vont communiquer entre eux,
- dans quelle mesure le problème est grave,
- quelles mesures l’équipe est autorisée à prendre pour le résoudre,
- comment elle va assurer le signalement et le suivi de l’incident.
Par exemple, lorsqu’une défaillance affecte tous les utilisateurs, la réaction classique est « Tout le monde sur le pont ! » Mais il n’est pas forcément productif que tout le monde se consacre au même problème. Cela peut même être contre-productif en semant la confusion et en donnant lieu à des contradictions et de la redondance dans les efforts. En définissant un niveau de gravité et en y rattachant des processus spécifiques, on améliore l’efficacité de la réponse. (Mieux encore : désignez un commandant des incidents qui sera chargé de prendre les décisions.)
La définition des niveaux de gravité doit faire partie de votre plan de gestion des incidents. Ils vous aideront considérablement à répondre à ces questions en amont et feront gagner du temps à votre équipe, qui saura immédiatement quoi faire une fois le niveau de gravité de l’incident déterminé.
(Consultez ces bonnes pratiques d’examen des incidents.)
Exemples de niveau de gravité des incidents
Reprenons les questions ci-dessus et voyons quelles seraient les réponses dans le cas d’un incident SEV 1 :
- Qui est responsable de prendre en charge le problème ? Le chef du service concerné, ou un membre désigné de l’équipe de direction.
- Comment les membres de l’équipe vont-ils communiquer entre eux ? Au moyen d’une plateforme d’appel ouverte.
- Dans quelle mesure le problème est-il grave ? Le niveau SEV 1 signifie qu’une majorité de clients est concernée.
- Quelles mesures l’équipe est-elle autorisée à prendre pour le résoudre ? Dans le cas d’un incident SEV 1, vous pouvez prendre toutes les mesures nécessaires, y compris redémarrer les processus de production.
- Comment l’équipe va-t-elle assurer le signalement et le suivi de l’incident ? Le responsable établit des rapports toutes les heures à l'intention de la direction.
Dans le cas d’un incident SEV 5, en revanche, les réponses sont très différentes :
- Un ingénieur ou un développeur sera chargé de gérer le problème.
- La communication se fera via le système de suivi des incidents.
- Un incident SEV 5 est un problème mineur et non urgent.
- Pour répondre un incident SEV 5, vous ne pouvez intervenir sur les systèmes de production qu’au cours d’une fenêtre de modification planifiée.
- L’ingénieur va suivre le problème dans le système de suivi des incidents ou du développement logiciel.
Les niveaux de gravité offrent une référence commune à toutes les personnes impliquées dans la réponse aux incidents. En attribuant un niveau associé à un ensemble clair de procédures, on mobilise les bonnes équipes pour résoudre le problème. Sans ce classement, vous risquez de perdre du temps à déterminer les modalités d’intervention, ce qui peut même créer des problèmes supplémentaires.
Gravité et priorité : parlons-nous de la même chose ?
À première vue, la gravité et la priorité sont similaires. Si vous faites face à un incident SEV 1, vous allez évidemment le traiter avant un incident SEV 2. Dans ces conditions, pourquoi faire la différence entre gravité et priorité ?
- La gravité mesure l’impact. Si vous examinez le tableau ci-dessus, vous verrez qu’il décrit les niveaux en évaluant leur impact sur la communauté des utilisateurs et sur les services.
- La priorité décrit l’urgence. Elle indique dans quels délais et dans quel ordre vous devez corriger les problèmes.
Bien souvent, priorité et gravité se recoupent parfaitement. Une défaillance qui empêche tous les utilisateurs d’utiliser un service est à la fois hautement prioritaire et de type SEV 1. Dans cet exemple, les problèmes techniques et les priorités métiers sont parfaitement alignés. Mais ce n’est pas toujours le cas :
- La mise en production d’une nouvelle fonctionnalité peut être hautement prioritaire, mais le service lui-même fonctionne bien. Il n’y a pas d’incident, et donc aucun niveau de gravité à appliquer.
- Une faute d’orthographe embarrassante dans une application mobile devra être corrigée dans les meilleurs délais. Pour l’équipe technique, c’est un incident SEV 5, mais le problème est néanmoins hautement prioritaire.
Même si ces deux classifications peuvent se contredire, elles restent de précieuses méthodes de communication. La gravité dit aux parties prenantes à quel point un problème est grave. La priorité indique au personnel technique ce sur quoi il doit travailler.
(Suivez davantage de métriques de réponse aux incidents.)
Définition des niveaux de gravité des incidents : bonnes pratiques
Les niveaux de gravité des incidents constituent un concept relativement simple. Malheureusement, cette simplicité ne se retrouve pas forcément dans l’implémentation. Vous ne pouvez pas les mettre en œuvre avec un simple copier-coller depuis un article de blog ou un livre blanc. Vous devez les adapter à votre entreprise en prenant plusieurs facteurs en considération :
- votre communauté d’utilisateurs,
- vos systèmes logiciels et matériels,
- vos besoins métiers.
Voici quelques bonnes pratiques pour aider votre organisation à définir (et à appliquer) des niveaux de gravité.
Misez sur l’uniformité
Bonne pratique : adoptez un système unifié de niveaux et de descriptions pour l’ensemble de votre entreprise.
Vous pourriez être tenté d’utiliser différents niveaux de gravité en fonction des applications et des piles logicielles, en particulier dans une grande entreprise. Mais cela introduira de la complexité dans l’un des grands avantages du système de niveaux : la clarté de la communication au sujet des incidents. En multipliant les niveaux et les définitions, vous n’aiderez pas les parties prenantes à comprendre la signification d’un incident. Cela peut même semer la confusion chez les ingénieurs et les développeurs qui travaillent sur différentes applications.
Restez simple
Bonne pratique : utilisez le plus petit nombre possible de niveaux de gravité. Ni plus, ni moins.
S’ils sont trop nombreux, cela peut être source de confusion. Les niveaux de sécurité sont faits pour être rapidement attribués à un incident qui se produit, afin de passer à l’action. Un nombre excessif de niveaux va ralentir ce processus. Et s’il n’y en a pas suffisamment, des incidents de gravités différentes risquent d’être groupés. Toute nuance entre les incidents risque de disparaître dans ces catégorisations trop grossières.
Comment trouver le bon équilibre ? Rassemblez les acteurs concernés et établissez un plan. Passez les précédents incidents en revue et voyez comment ils s’inscrivent dans le cadre proposé. Reprenez les précédentes analyses de causes profondes. Faites des essais et n’ayez pas peur de modifier votre plan si nécessaire.
Établissez des directives claires pour l’attribution des niveaux de gravité
Bonne pratique : simplifiez l’attribution des niveaux de gravité
Si votre équipe n’est pas en mesure d’attribuer rapidement le bon niveau de gravité à un incident, elle ne profitera pas de tous les avantages de ce système. Vous devez donc définir des règles spécifiques pour que cette attribution soit quasi automatique. Il ne faut pas perdre de temps à argumenter sur la gravité d’un incident.
L’objectif est de passer rapidement à l’action après avoir déterminé le niveau. Vous allez donc créer des règles qui s’appuient sur l’impact mesurable, par exemple :
- le pourcentage de clients affectés,
- les catégories de fonctionnalités,
- l’impact sur le système.
Utilisation des niveaux de gravité
Vous avez maintenant une idée précise de ce que sont les niveaux de gravité des incidents et de leur utilisation. Concrètement, ces niveaux sont des outils de communication : ils permettent de partager l’impact d’un problème pour mobiliser rapidement les équipes autour de sa résolution. Naturellement, il existe un lien entre la gravité et la priorité d’un incident, mais ces deux notions restent très différentes.
(Pour connaître toute l’actualité de la sécurité, pensez à ces événements et conférences sur la cybersécurité et l’InfoSec.)
Articles similaires

LLM et SLM : les différences entre grands et petits modèles de langage

Tout comprendre aux niveaux de gravité 1 à 5
