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Les données, un atout pour nos gouvernements par temps de crise

Une des raisons pour lesquelles j’ai rejoint Splunk il y a six mois est ma conviction profonde que les données peuvent nous permettre de résoudre nos grands défis contemporains.   

Vous le savez, l’Europe fait face à de grands challenges. Les traces laissées par la pandémie de COVID-19 et la situation géopolitique aux frontières de l’Europe ont un impact économique et social majeur. Et le changement climatique reste extrêmement préoccupant au terme d’une année marquée par la sécheresse et les températures extrêmes. 

Pour affronter ces problèmes, les données constituent une ressource importante. C’est une ressource qui croît de manière exponentielle et qui permet d'éclairer les décisionnaires d’une manière tout à fait inédite. Lorsque la donnée est intégrée aux opérations d’une organisation, elle peut lui permettre de se développer et de devenir plus résiliente. Face aux défis colossaux de la crise du COVID, le secteur public a utilisé les données comme jamais auparavant, non seulement pour suivre l'évolution des contaminations, mais aussi pour prendre les mesures les plus adéquates pour y faire face. Néanmoins, le secteur public a pris du retard dans l’utilisation des données par rapport au secteur privé. 

La question qui se pose est la suivante : comment les gouvernements s’organisent-ils pour tirer profit des données dans la conduite des politiques publiques ? 

Pour mieux évaluer les progrès faits en la matière, Splunk a fait appel à WPI Economics pour étudier l’utilisation des données dans la politique publique dans quatre grands pays européens : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. 

Dans son étude, WPI Economics a établi quatre typologies de pays sur la base de deux facteurs. Le premier facteur est la présence (ou non) d’une approche stratégique de la donnée dans le développement des politiques publiques : peut-on voir émerger un gouvernement par la donnée ? Le deuxième facteur est la présence (ou non) de fondations solides pour la gouvernance des données pour mieux tirer profit des données dans la conduite opérationnelle des politiques. Cela inclut des paramètres comme la qualité des données, leur sécurité, mais aussi l'intégration et le partage des données au sein du gouvernement. 

L'étude principale est disponible ici, mais vous pouvez aussi consulter les quatre rapports consacrés aux pays : 

Quelles sont les conclusions de l'étude ? 

Chaque pays est unique dans sa manière d’utiliser les données et certains sont plus performants dans certains domaines que d’autres. Des bonnes pratiques ont été identifiées dans chaque pays, mais l'étude a révélé que la France avait l’approche la plus complète, suivie de près par le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Allemagne. 

La France se distingue par plusieurs aspects :

  • Importance stratégique : la politique de la donnée est portée à très haut niveau par le Premier Ministre, avec le soutien de la DINUM (Direction interministérielle du numérique), faisant office de véritable « Chief Data Officer » de l’État ;

  • Cohérence de l’approche : de ce fait, la France est le seul pays à disposer d’une stratégie en matière de données commune à tous ses ministères. Chaque ministère a également établi sa propre feuille de route ;

  • Ouverture : la France s’est résolument engagée sur la voie de l’ouverture et du partage des données publiques depuis 2014. Etalab, le labo des données de l’État, joue un rôle primordial dans ce domaine. Nous avons récemment eu la chance de rencontrer sa Directrice, Laure Lucchesi, pour le podcast Étant Données, qui revient sur les grands projets Open Data de l'État français.

Le but de cette étude n'était pas de classer les pays – il n’y a pas de bons et de mauvais élèves. L’objectif était plutôt de comprendre comment les pays pouvaient améliorer leur performance. En France, des progrès restent notamment à faire sur le partage des données entre administrations. Chaque pays a fait des progrès notables dans la conduite des politiques par la donnée, mais le chemin reste encore long pour que la donnée soit véritablement mise au profit des citoyens. Comme l’a montré le rapport Bothorel en 2020, la France ne doit pas dormir sur ses lauriers en matière de données ! 

Confrontés à des bouleversements économiques, sociaux et environnementaux de grande ampleur, les pouvoirs publics doivent continuer à tirer profit des données pour mieux répondre aux attentes des citoyens. La prise en compte des données peut garantir plus d'efficacité et de précision mais aussi une plus grande résilience aux nouveaux défis à venir.

 

Petra Jenner
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Petra Jenner

Petra Jenner est Senior Vice President et General Manager pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique chez Splunk. Avant de rejoindre Splunk, elle a travaillé six ans chez Salesforce à différents postes pour la région EMEA et y occupait dernièrement le poste de General Manager, Senior Vice President pour la Suisse et l’Europe de l’Est. Basée à Munich et forte d’une expérience de plus de 25 ans dans le secteur de la tech, elle a aussi occupé des postes de direction chez Microsoft, Checkpoint et Pivotal. Petra Jenner est titulaire d’un master de commerce et d’IT. Elle a également étudié le management international à la Stanford Graduate School of Business à Singapour.