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Actrice de l’ère des données : Encarna Marquez, Chief Digital Officer chez France Télévisions

Sophie Yannicopoulos et Encarna MarquezAujourd’hui j’ai l’honneur d’inaugurer une nouvelle série d’articles sur ce blog intitulée « actrice et acteur de l’ère des données ». Dans cette série, je pars à la rencontre de Chief Digital Officers, de Chief Data Officers, de DSI ou encore de Directrices et Directeurs métier. Ils nous racontent comment ils transforment les données en actions dans leurs organisations, au service de résultats commerciaux tangibles et de la transformation profonde de leur industrie. Pour donner le coup d’envoi de cette nouvelle rubrique, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec  Encarna Marquez, Chief Digital Officer chez France Télévisions.

Rencontre avec une amoureuse de la data !

Encarna, peut-on encore avoir un volume de données gérable ?

Il est vrai que le volume de données ne cesse de croître. On souhaite toujours en collecter davantage pour avoir le plus d’informations possible. Tout le monde s’accorde à dire que les données sont précieuses et représentent une vraie valeur pour l’entreprise. Néanmoins, on constate qu’en général seule la moitié des données collectées sont utilisées. Les technologies autour du Big Data nous offre la possibilité de ne plus se limiter dans les volumes, mais parfois au détriment de la pertinence et de la qualité. Et ce sont pourtant ces deux critères qui devraient nous diriger. En l’occurrence, à France Télévisions nous n’intégrons pas de nouvelles données dans notre data lake (lac de données) si les usages qui en seront faits n’ont pas été clairement définis.

Comment invite-t-on les données à la table du Comex ? 

Très naturellement ! Les données, et notamment les chiffres d’audience, font partie intégrante des instances de décision de France Télévisions depuis toujours. Dans un contexte où l’industrie des médias est en pleine mutation, nous faisons évoluer nos objectifs et donc nos KPIs. Cela nécessite une acculturation et de la conduite du changement à tous les niveaux de l’organisation. Nous construisons ces indicateurs pour qu’il soient un levier d’aide à la décision pour le COMEX, qu’ils nous aident à définir nos orientations stratégiques et éditoriales afin d’adapter notre programmation à nos publics.

Barack Obama a changé le visage de la politique avec le Big Data. Comment vois tu le Big Data impacter l’industrie des médias ?

Le sujet du Big Data impacte depuis plusieurs années tous les secteurs. Les médias ne sont pas épargnés par cette problématique, et tâtonnent eux aussi pour collecter mais surtout trier et donner du sens à ces données.

Si le Big Data est déjà utilisé notamment par les régies et les équipes marketing afin de mieux cibler les publicités ou de recommander des programmes de manière plus pertinente au public, le vrai sujet est l'utilisation des données dans les étapes de création d'un programme !

Les personnes en charge des contenus restent frileuses à l’idée d’intégrer les data dans leur processus de création. Le dilemme qui se pose à nous est : un media doit-il être « content first » ou « public first » ?  

Personnellement, je crois qu’en tant que média public, on se doit d’établir un dialogue avec nos publics pour initier une forme de co-création, mais tout en prenant des risques au niveau de la création pour éviter des offres de programmes qui ne se différencient pas. Alors, pour moi il faut être les deux !

Y-a t’il un projet “données” qui t’a vraiment marquée  ?

La bataille contre la désinformation constitue sans aucun doute l’un de nos plus grands défis. France Télévisions s’y est engagé ces dernières années pour y apporter des solutions, notamment en collaboration avec nos partenaires de l’audiovisuel public. Si la vérification humaine est primordiale, la contrainte du temps d’investigation handicape la lutte contre la viralité des fausses informations :  le temps qu’une contre-enquête soit diffusée, la rumeur a déjà été largement partagée. Les rédactions se tournent, de plus en plus, vers l’Intelligence Artificielle (IA) pour déboulonner les fake news. 

Le modèle étudié est celui d’une IA qui attribuerait un score à chaque information douteuse, selon son risque de viralité. En concentrant leur travail éditorial sur les rumeurs aux scores les plus “élevés”, les journalistes peuvent les démentir avant que celles-ci ne deviennent virales.

Voilà un projet data au service de la société et de la démocratie. Et bien sûr, pour assurer un impact positif de l’IA dans les rédactions, ce sont les valeurs et principes journalistiques qui doivent piloter le développement des solutions IA.

l'ère des données

Il paraît que “data scientist” serait le métier le plus sexy du monde, tu en connais 😂 ?

Je ne sais pas si c’est le métier le plus sexy mais certainement le plus en vogue ;-p . Et oui j’en connais... ils font partie de mes équipes !

Si vous souhaitez raconter votre histoire, contactez moi sur LinkedIn ou en commentaire. Pour découvrir notre dernière étude sur l’ère des données, rendez-vous sur le site internet Splunk.

A bientôt

Sophie 

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Thanks!
Sophie Yannicopoulos

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