La résilience du futur : le pouvoir de la réglementation (LinkedIn Live)
Security Audrey WilliartLa réglementation a été l’un des thèmes les plus discutés de la deuxième saison du podcast Les Résilients. Nous lui avons même dédié un épisode hors-série à l’occasion du Forum inCyber (FIC) 2025 de Lille. Pour ce troisième LinkedIn Live de l’été, Bertrand Lenotre et moi-même (Audrey Williart, Senior Content Marketing Manager chez Splunk) avons donc réuni trois de nos super-héros pour mieux comprendre les enjeux légaux liés à la cybersécurité.
Alors, les règles sont-elles un frein ou une opportunité ? Réponse avec Claude Carvalho, Fanny Doukhan et Julien Levrard.
L’IT sur la voie de la maturité
Qu’on le veuille ou non, pour Julien Levrard (CISO, OVHcloud), la réglementation est désormais une nécessité dans le secteur de l’IT. Ces technologies « sont devenues tellement importantes, qu’on a besoin de définir des standards (…) consensuels (comme) ça a été le cas pour quasiment toutes les innovations de la société », à l’image du Code de la route.
Toutefois, si certaines entreprises ont déjà pris de l’avance dans ce domaine, force est de constater que les questions de sécurité sont souvent reléguées au second plan. Dans ce contexte, les cadres réglementaires comme NIS2, DORA ou le Cyber Resilience Act permettent d’éviter de sacrifier la sécurité sur l’autel du profit et de la productivité à court terme.
Car si l’on regarde sur le long terme, les entreprises ont peut-être tout à gagner dans le processus. La protection des données est en effet en train de s’imposer comme une préoccupation majeure dans nos sociétés. Le niveau de sécurité pourrait donc constituer un important levier de compétitivité à l’avenir.
Petites structures, grands défis
Mais comme le souligne Fanny Doukhan (Country Manager France, Splunk), « l’apparition de toutes ces réglementations (…) inquiète beaucoup les organisations et, peut-être paradoxalement, autant les petites que les grandes ». C’est en tout cas ce qu’a montré une récente étude commanditée par Splunk et réalisée par OnePoll auprès de 500 décideurs IT français issus d’entreprises de plus de 250 employés.
Sur le terrain, l’observation est la même. Lors de la dernière rencontre avec des groupes d’utilisateurs Splunk à laquelle Fanny Doukhan a participé, le principal sujet de préoccupation n’a pas porté sur des questions de technologie, mais… de réglementation. Une première !
Et si les grandes entreprises s’inquiètent, que dire des petites structures ? Sans les moyens humains et financiers nécessaires, elles peuvent en effet avoir encore plus de difficultés à atteindre le niveau requis. Claude Carvalho évoque ainsi l’exemple d’une start-up que Galian-SMABTP a dû accompagner pendant plusieurs mois pour mettre sa sécurité à niveau avant de pouvoir entamer une collaboration. Et tout cela a un coût. Dans ce sens, les réglementations peuvent être vues comme un frein… mais aussi comme un tremplin pour professionnaliser tous les acteurs du marché.
La conformité sur toute la chaîne
Loin d’être anecdotique, ce type de mentorat contribue ainsi à tirer l’ensemble du marché vers le haut et à renforcer la confiance dans l’écosystème. Car dans le cas de réglementations comme DORA, ce sont bien des écosystèmes qu’il s’agit de protéger et non plus uniquement des infrastructures isolées.
Entrée en vigueur en 2025, cette directive européenne axée sur le secteur financier impose aux entreprises de garantir la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données, y compris en cas de crise. La vraie nouveauté ? La responsabilité s’étend désormais à toute la chaîne de sous-traitance.
Pour Claude Carvalho (Directeur des systèmes d’information et de la transformation, Galian-SMABTP), cela change le rapport des entreprises avec leurs partenaires : « On ne peut plus chercher à innover sans regarder comment les prestataires gèrent leur sécurité. » Jusqu’à présent, les entreprises pouvaient fermer les yeux sur les pratiques d’un fournisseur, mais « avec DORA, ce n’est plus possible ».
Les écosystèmes de confiance à l’épreuve de la réalité
Dans un monde où tout fonctionne en écosystème, les entreprises s’appuient sur des réseaux complexes de partenaires, de fournisseurs, de clients, et la valeur se crée dans ces interconnexions. Alors, dès qu’un maillon manque de fiabilité, c’est tout l’édifice qui vacille.
En filigrane, l’enjeu de toutes ces réglementations est donc de créer un climat de confiance pour les entreprises, leurs partenaires, leurs clients et, plus largement, pour les citoyens. Un cadre commun permet de parler le même langage, de partager les mêmes règles du jeu et d’harmoniser les pratiques, en particulier à l’échelle européenne : des questions essentielles pour rassurer les acteurs.
Reste que cette vision est loin d’être universelle. Même au sein d’un cadre commun, le risque d’une « conformité de façade » est réel : certaines organisations se contentent en effet de cocher les cases réglementaires sans réellement améliorer leurs pratiques. Par ailleurs, si les choses semblent plutôt bien fonctionner en Europe, aux États-Unis, par exemple, la tendance est plutôt à la dérégulation. Il reste donc du chemin à parcourir pour créer un véritable écosystème de confiance global.
Vous voulez savoir comment tirer profit de ces technologies sans baisser votre garde ? Regardez le replay de notre LinkedIn Live dédié à la cybersécurité et téléchargez l’édition spéciale de La Résilience du Futur : L'IA à l'épreuve de la réalité.
Articles similaires

Splunk lance des modèles d’IA générative hébergés : des informations IA natives, rien à configurer et une sécurité maximale

Résilience : l’IA, superpouvoir du cyber-espace
